Rrum-Tah
Véritable phénomène de la fin des années 1980 et du début des années 1990, Rrum-Tah demeure dans la mémoire collective l'un des groupes d'enfants les plus marquants de l'histoire de la musique camerounaise. Énergie, fraîcheur, excellence vocale et profondeur des messages — une aventure musicale hors du commun.
Naissance d'un phénomène
Rrum-Tah est fondé par Nkembe Pesauk, de retour au Cameroun en 1983 avec un rêve : rassembler les Camerounais de toutes origines autour de la musique. Il imagine d'abord ce projet pour accompagner ses filles Ahri Yell et Laya dans leur apprentissage du chant. Très vite, il élargit l'aventure en organisant des castings parmi les enfants de proches, d'amis et de membres de la famille.
Après plusieurs ajustements, le groupe prend sa forme définitive avec cinq membres : Ahri Yell, Linda, Laya, Nadiya et Djoya Guy Bolivar. Les répétitions, commencées dès 1985, sont menées avec exigence mais dans un esprit ludique — les enfants grandissent dans la discipline sans perdre la joie de créer.
"En 1987, Nkembe Pesauk prend une décision décisive : faire interpréter à Djoya Guy Bolivar ses solos avec une voix rauque, apportant à Rrum-Tah une identité sonore immédiatement reconnaissable."
Mbambambé — un hymne à l'enfance
Le grand public découvre Rrum-Tah grâce au titre devenu culte « Mbambambé », construit à partir d'onomatopées et d'expressions issues de plusieurs langues camerounaises — bassa, douala, bulu, banen. Ce titre évoque la joie suscitée par l'arrivée d'un grand-parent aimé au sein de la famille.
Le succès est fulgurant. Après leur première apparition télévisée le 25 décembre 1988 dans l'émission Tam Tam Week-end, Rrum-Tah devient un véritable phénomène national. Le groupe unit les familles, traverse les générations et dépasse rapidement les frontières du Cameroun. Leurs concerts attirent des foules immenses, au point d'enchaîner plusieurs prestations successives lors d'un même événement.
Des chansons qui portent un message
Les chansons de Rrum-Tah ne se contentaient pas de divertir — elles portaient toujours un message fort, ancré dans les valeurs humaines et camerounaises. Chaque titre était une invitation à grandir, à aimer, à travailler et à s'épanouir.
Une discographie marquante
Rrum-Tah laisse un catalogue riche de plusieurs albums qui ont jalonné l'histoire musicale camerounaise. De Surprise…Surprise à Wakoka, chaque album marque une étape dans la maturité artistique du groupe.
Un héritage vivant
Le groupe met fin à ses activités en 1994, lorsque Nkembe Pesauk choisit de s'orienter vers la musique chrétienne. Les membres du groupe suivent ensuite des chemins différents, entre le Cameroun, la France et l'Italie, tout en demeurant liés à l'héritage exceptionnel de cette aventure musicale.
Trois décennies plus tard, les chansons de Rrum-Tah continuent de résonner. Mbambambé, Eh Songol, Mon amie en or — ces titres sont entrés dans la mémoire collective camerounaise comme des comptines d'une génération entière. Rrum-Tah a prouvé que les enfants pouvaient porter des messages universels avec une force et une authenticité que les adultes envient.
"À travers leur univers, Rrum-Tah a magnifié l'enfance, l'innocence et les valeurs humaines essentielles — un héritage qui traverse les générations."
L'héritage de Rrum-Tah
Rrum-Tah demeure une référence unique dans l'histoire de la musique camerounaise. Fondé par Nkembe Pesauk avec amour, vision et exigence, le groupe a démontré que la musique des enfants peut toucher le cœur de toute une nation. Leur œuvre est le reflet vivant de la devise de SOYOKO.
